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Le 10 août 1998

--> Extrait
A-t-il décidé de me punir ? Il n'écrit pas pour faire hurler ma douleur encore.

Michaël est un grand enfant, uniquement conscient du mal qu'on lui fait, le mal qu'il fait étant une abstraction totale, un délire que j'ai inventé pour le tourmenter. Quelle raison peut-il avoir de ne pas m'écrire ?

Il sait, pertinemment, que j'attends son appel, que j'attends sa petite carte. Ne se souvient-il pas à quel point mon appel de Cabourg lui avait fait plaisir, même s'il ne s'y attendait pas. Pourquoi ne pense-t-il pas à me faire un peu plaisir à moi aussi. Quel soulagement ce serait s'il appelait. Je me sentirais plus légère, débarrassée d'un poids. Cruel, cruel, ô cruel. La seule chose que t'intéresse en moi est ma haine. La seule chose qui réussit à soulever ton intérêt, à interpeller ton attention est ma souffrance, encore et toujours éternelle, languide, infatigable, immuable.

Peut-être n'est-il pas comme les autres ? Pourquoi n'est-il pas comme tout le monde ? Un ami normal, était-ce trop demander ? Ne peut-il être gentil et quelqu'un dont je sois amoureuse en même temps ?

Tout d'abord, je me suis interrogée sur la pertinence d'écrire un livre sur lui. Fera-t-il un sujet assez passionnant pour tenir en haleine le lecteur jusqu'à ma dernière page. Evidemment, non. Tous en lui est si prévisible : son égoïsme, sa méchanceté… Le récit de notre aventure ne pourrait générer qu'ennui, et seulement de l'ennui. Je peux toujours inventer, broder un peu par-ci par-là pour rendre notre histoire plus attrayante, mais alors, lui-même ne se reconnaîtrait plus.

La vérité, c'est qu'il ne me fascine plus du tout. Je me souviens à quel point je me suis ennuyée la première soirée, quand je ne l'aimais pas, quand j'étais à dix mille lieues d'imaginer qu'il puisse me plaire un jour. Je me souviens aussi combien je me suis ennuyée avec lui la dernière fois que je l'ai vu. Combien l'après-midi traînait en longueur empreinte d'une légère frustration et d'un vague ressentiment. Je ne devrais même pas lui pardonner de me faire éprouver cela. Cela devrait être catégoriquement fini, mais sa force à garder la main, à conserver le dernier mot pour sa bonne bouche me poussent à être là encore, pour savoir ce qui viendra après.
Ecrit par Gala, le Vendredi 19 Décembre 2003, 15:25 dans la rubrique "Le journal d'Aurora".
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